Costantino Contini English Italiano

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Interview de Barbara Tampieri

Pour vous présenter au public, qui est Costantino Contini?
Une personne simple qui aime l’art et la vie.

Comment avez-vous commencé avec l’art, l’avez-vous cherché ou c’est lui qui vous a trouvé ?
Comme dans chaque histoire d’amour, nous nous sommes trouvés mutuellement, même si j’admets d’avoir fait de mon mieux pour commencer cette relation.

Quel a été votre début, avez-vous fait un cours artistique et avez-vous eu des profs ?
J’ai fait un Lycée artistique à Rome. Entre nous mes profs, il y en avait une, Irma Costa, qui m’a initié à me libérer des schémas académiques et me faire trouver ma libre expression chromatique.

Le genre abstrait est apparemment plus difficile à comprendre et à apprécier pour le public. Il est pourtant fait de formes et de traits très simples, disons plus simplement de notre expérience perspective. Pensez-vous que l’art abstrait est moins lié à l’élaboration consciente et est plutôt la façon de communiquer nos émotions ?
L’art abstrait est le résultat des sensations qui sont plus ou moins profonds selon la sensibilité du spectateur. Tout le reste n’a pas d’importance.

Quand a été la première fois que vous avez vraiment été satisfait du résultat de votre art ? Je veux dire, y a-t-il un de vos tableaux que vous considérez le meilleur que vous avez fait ?
Je ne suis jamais satisfait au 100%. Plutôt je pense que toutes mes oeuvres me représentent et une de mes préférées est « Le miroir du Monde »

Vous vivez et travaillez en France. Avez-vous trouvé des différences entre l’art en Italie et celui en France ?
Aucune. Dans ces deux pays, j’ai trouvé une apathie générale envers l’art contemporain. Peut-être que la mentalité latine vit l’art simplement sur le passé.

Est-ce que l’artiste est toujours témoin de son temps ou l’art va au-delà du temps et de l’espace ?
Les deux sont correctes.

Vous vous définissez « un astronaute de la couleur », que voulez-vous dire par cela ?
Etre un astronaute de la couleur veut dire pour moi explorer continuellement des nouveaux horizons chromatiques et des nouvelles gestualités. L’habilité de l’astronaute se fond avec sa naïveté pour stimuler sa curiosité.

Croyez-vous aux artistes quand ils disent qu'ils n'ont pas voulu mettre de message dans leurs oeuvres ?
Tout à fait. L'art n’est pas seulement un message ou une signification. Dans plusieurs cas, c’est juste un mélange de sensations, comme les peintures de Jackson Pollock, par exemple.

Quel rapport y a-t-il entre l’art et l’artiste ? Est-ce que c’est une passion continue qui peut aboutir vers la routine ?
Personnellement, je n’ai aucun problème avec l’art, mais j’admets d’avoir eu des périodes où je ne me sentais de produire beaucoup. En ces temps là, j’ai préféré ne pas peindre en attendant des moments plus prolifiques.

Quels sont vos projets futurs ?
Seul mon art m’indiquera mes futurs projets...comme Annibale Carracci osait dire « nous les peintres, nous devons parler qu’avec les mains »

Quelles sont vos plus grosses craintes de nos jours ? Et qu’est ce qui vous rend heureux ?
Je crains le cynisme et la stupidité humaine. Je vois des grands pays pensant simplement à leurs affaires entrant en guerre pour augmenter les profits, le fondamentalisme religieux et tout ce qui fait de notre petit mais merveilleux Monde une place où les valeurs humaines manquent et où le business est le seul Dieu. Ce qui me rend quand même heureux c’est la vie elle même qui vaut toujours la peine de vivre et la femme que j’aime.
 

Avez-vous déjà expérimenté le style figuratif ?
Oui, naturellement j’ai eu et j’aurai encore des expériences avec le figuratif. Il y a encore tellement à peindre...

Certains disent que maîtriser le style est la chose la plus importante dans la technique. Que pensez-vous de ça ?
C’est certainement très important mais je ne crois pas que cela suffit pour être un bon peintre abstrait. L’abstrait est très proche de l’instinct, des couleurs et de la liberté d’expression.

Vivre juste sur son travail n'est jamais facile pour un artiste, vous devez traiter les côtés les plus insignifiants des affaires et parfois un artiste se sent qu'il doit vendre son âme au succès. Comment êtes-vous parvenu à rester vous-même dans le monde d'affaires de l’art ?
Je peins pour le plaisir, pas pour l'argent. C'est également vrai que les artistes doivent manger pour vivre. Le problème de nos jours est que l’art est devenu un vrai business, presque un produit industriel.

Que suggéreriez-vous à un jeune peintre débutant ?
Difficilement je donne des conseils, je ne les donne pas même pas à moi-même. Si un jeune artiste veut vraiment mon avis alors je lui dirai de continuer à faire ce qu'il veut, et ne pas faire ce que les autres pensent ou veulent.

Avez-vous ou pensez-vous d'avoir des élèves un jour ?
Je n’ai jamais pensé à ça. Pour le moment, je ne sens pas ce besoin, mais peut-être un jour...qui sait.

Y a-t-il un sujet ou une technique que vous voudriez essayer, comme un défi personnel ?
Même si je suis dans le monde de l’art depuis plus de vingt ans, il reste encore beaucoup de sujets à trouver et d’innombrables techniques à essayer. L’art est un peu comme la science, vous trouvez sa beauté en l’expérimentant.

Beaucoup d'artistes ont maintenant des sites Web présentant leurs travaux sur les galeries virtuelles sur Internet. Ne pensez-vous pas que le contact physique manque et que la peinture puisse se transformer en une expérience factice ?
C’est certainement positif de pouvoir exposer dans des galeries virtuelles. Exposer dans des galeries réelles est de nos jours de plus en plus difficile à moins d’être vraiment célèbre ou d’avoir des critiques qui croient en votre talent et qui vous poussent au succès. Le manque de contact direct et de communication est un problème, mais c’est juste une façon différente de se faire connaître par les fervents admirateurs d’art.

Comment voyez-vous le futur de l'art ? Y aura-t-il de nouveaux mouvements, de nouveaux moyens d'échanger l'expérience parmi les artistes ou le matérialisme général a-t-il déjà affecté le monde de l’art ?
Je suis tout à fait optimiste concernant le futur de l'art. Il y a naturellement une certaine apathie mais je suis sûr qu'il y aura également de nouveaux mouvements dans l'avenir.


Merci Costantino!
Merci, Barbara.

L'interview a été originairement publiée sur BTDesign Art Gallery © Barbara Tampieri.

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